Synthèse des exposés du congrès d'Hennebont (22 - 23 juin 2007)

( en cours de réalisation)

Mr Gérard Perron, maire d'Hennebont : accueil du congrès

Après quelques mots de bienvenue en breton, Mr Perron nous présente le patrimoine de la cité, dont les éléments les plus connus sont les tours Broérec et la basilique Notre-Dame de Paradis.
Le collège Saint-Félix où nous sommes reçus était auparavant le siège de la communauté des Pères Blancs, dont la salle des conférences, l'auditorium, était la chapelle.
Un tour d'horizon rapide des activités phares de la communauté de communes :
- L'entreprise NKE, mondialement connue pour ses activités d'électronique marine.
- Le haras national, en pleine mutation, célèbre son 150e anniversaire en 2007. Il est situé dans un parc de 23 hectares au bord du Blavet.
- Les Forges d'Hennebont (en Inzinzac-Lochrist), créées à la même époque que les haras ; l'usine fonctionnait en trois huit (6h, 14h, 22h) ; sa fermeture a été un drame pour Hennebont.
- Les jumelages : avec l'Allemagne, le Mali, le Pays de Galles [Mumble, à côté de Swansea-Abertawe]
- Le sport : une équipe pro-A en tennis de table.
- La troupe de théâtre a reçu un prix Molière, en récompense de son travail (elle est installée dans un ancien cinéma).
- Le parc botanique de Kerbihan.
A la fin de la guerre 39-45, la contre offensive allemande à la libération a détruit la ville aux trois quarts ; des tours Broérec il ne restait que les murs après l'incendie ; la basilique resta intacte.
Aujourd'hui Hennebont, ville historique de Bretagne, avec ses remparts mis en valeur, se veut une ville accueillante et fleurie...
Site internet de la ville :
http://www.ville-hennebont.fr/

 

Mme Manuelle Aquilina : La ville forte d'Hennebont à travers les siècles
[maître de conférences à l'UBS]

Avant le XIIIe siècle, la région entre le Blavet et l'Ellé constituait la seigneurie de Kemenet-Heboe, dont le siège aurait été une motte fortifiée construite sur les hauteurs face à Hennebont. Pour prendre possession de cette seigneurie, Jean le Roux, duc de Bretagne de 1237 à 1286, décida la construction d'une ville forte entourée de remparts à l'ouest du Blavet. Ce fut l'origine d'Hennebont.
Froissart évoque Hennebont dans ses chroniques à l'occasion de la guerre de succession de Bretagne.
Au moyen âge, l'entretien des 900 m de remparts grève le budget de la ville de 50 à 70%.
Il ne subsiste aujourd'hui qu'environ la moitié des remparts, et des deux portes seule reste la porte Broérec, qui a longtemps servi de prison (aux XVIIIe et XIXe siècles). Le bastion de Lorraine, à la porte d'en-bas, fut détruit au XVIe siècle.
Des tours ne subsistent aujourd'hui que la tour du Capitaine, une partie de la tour des Carmes, les vestiges enfouis des tours Mauduit et Rospordin, et la tour Saint-Nicolas, remise en état.au XVe siècle.
A partir du XVIIIe siècle eu lieu une succession d'"agressions" aux remparts pour des raisons urbanistiques. Les matériaux furent récupérés et réutilisés.
La protection du patrimoine commence au XIXe siècle, avec Prosper Mérimée, nommé inspecteur général des monuments historiques, qui explore systématiquement la France dès 1834. Il note à Hennebont l'église Notre-Dame de Paradis, repère l'existence de remparts étendus, et nomme "château" la porte Broérec. Vers 1850, la porte Broérec ne sert plus de prison et est restaurée. Le conseil municipal demande son classement en 1910, ce qui est accepté en 1916. En 1944, les obus incendiaires allemands atteignent la porte, le toit et les charpentes brûlent... La restauration ne commence qu'en 1960. Puis un musée associatif s'y installe en 1985.
Les incendies de 1944 ont détruit beaucoup de maisons, faisant apparaître des pans entiers de remparts, qui seront classés en 1947. L'enceinte d'Hennebont entame alors un nouveau cycle d'existence, avec un constant besoin d'entretien. Les fêtes médiévales contribuent désormais à la mise en valeur des remparts.

Note webmaster : Manuelle Aquilina a soutenu en avril 2005 à l'université de Rennes 2 une thèse de doctorat en histoire avec pour sujet : "Regards sur le Moyen-Âge, émergence et mise en communication d'un patrimoine médiéval : les remparts urbains aux XIXe et XXe siècles en Bretagne."
Docteur en histoire, spécialisée en histoire du patrimoine, Manuelle Aquilina est aussi maître-ingénieur en information et communication. (d'après http://www.espace-sciences.org/ )

Mr Pierre-Laurent Constantin : Hennebont et la tradition du voeu
[médiateur du patrimoine à Hennebont]

Après les guerres de la Ligue, l'esprit de la contre-réforme se développe au XVIIe siècle. Hennebont est alors le siège d'une sénéchaussée qui héberge 4000 à 5000 habitants. Le commerce de céréales est fructueux, grâce à la mer qui remonte avec les marées jusqu'au pied de la ville close. Hennebont est administrée par une communauté de ville, présidée par un syndic. Mais la gestion financière n'est pas toujours exemplaire...
De 1637 à 1639, la ville héberge des soldats une vingtaine de fois, avec des conséquences négatives sur l'économie et les ressources locales. 263 hectares appartiennent alors à l'abbaye de la Joie, dont l'abbesse est recteur primitif de la ville.
L'hôpital Saint-Louis est fondé par Mr de Kerlivio ; en 1662, un édit royal enjoint aux villes de construire un hôpital général, mais il faudra attendre 17 ans pour voir la fondation de l'hôpital Saint-Yves. Le docteur Saint-Géron est une figure essentielle de cet hôpital, qui restera dans la mémoire populaire sous le nom de "docteur Jérome".
Des mesures d'hygiène se répandent dans la ville, comme les inhumations à l'extérieur des églises... La peste est réputée apportée par les étrangers, les militaires, les mendiants, voire la malédiction divine...

En 1640, à l'occasion d'une épidémie, un premier voeu entraîne un pélerinage à Quimperlé à la chapelle Saint-Roch (saint qui guérissait de la peste, tandis que saint Antoine guérissait le mal des ardents).
En 1699, nouveau fléau de peste, qui incite la population à se vouer à la Vierge Marie par un voeu perpétuel, avec la promesse de la réalisation d'une statue en argent si le nombre de morts diminue, ce qui se réalise : la statue sera faite en 1718. Une cérémonie annuelle se perpétue jusqu'aujourd'hui, le dernier dimanche de septembre (initialement le 1er dimanche d'octobre). La statue sera fondue en 1792, mais une copie en bronze argenté sera réalisée en 1818 à partir des moules d'origine.
Une immense toile de Henri-François Michart, élève de David, représente le voeu des Hennebontais. Elle est aujoud'hui en hauteur dans la nef de l'église Notre-Dame de Paradis. Cette peinture a été classée en 1982.
Une confrérie du voeu fut également fondée dans l'église ; le culte catholique fut supprimé pendant la Révolution jusqu'en 1799, remplacé par celui de la Raison puis de l'Etre suprême...
La fête annuelle du voeu est devenue la fête de la ville. En 1903, des troubles dus aux grèves des forges pertubent la fête.
En 1913, l'église Notre-Dame de Paradis devient basilique.
Chaque année, une foule nombreuse participe à la procession et à la fête : 40.000 personnes en 1950.
Lors de la procession, la statue suit un itinéraire très précis : la place du Marché, la rue Trottier, entrée dans la ville close, la rue du Lombard, la porte Broérec, la rue Neuve, la rue Nationale, puis retour à la basilique. La procession se terminait par un feu de joie (qui fut supprimé après la seconde guerre mondiale, car il rappelait trop les incendies qui ont détruit la ville en grande partie).
Des jeux profanes étaient associés à la fête (comme le jeu des "femmes silencieuses"...) ; des représentations de théâtre également, comportant jusqu'à une cinquantaine d'acteurs ; aujourd'hui, il y a également une fête foraine, avec tous les manèges et illuminations que peut apporter la fée électricité...

Site internet associé : http://catholique-vannes.cef.fr/site2/09-02d.html

 

Mme Virginie Lancelot : Les forges d'Hennebont et l'écomusée industriel
[conservateur de l'écomusée]

Le début des forges d'Hennebont commence en 1860, avec la fondation par les frères Trottier d'une "usine à fer". Il s'agit de satisfaire les besoins des conserveries bretonnes (plus de 130 en Bretagne à l'époque). L'installation se fait à Kerglaw en Lochrist à 4 km d'Hennebont. On crée un barrage, qui actionne des turbines entraînant les cylindres des laminoirs. L'approvisionnement en houille se fait par des voiliers en provenance de Grande-Bretagne, puis des péniches pour remonter le Blavet.
En 1868 est créé un atelier d'impression sur métal, un autre d'étamerie ; on crée un village pour les ouvriers, qui sont rapidement plusieus centaines. En 1873 est déposé un brevet pour l'impression des feuilles de fer blanc. En 1878-79, un nouveau brevet est déposé pour l'ajout d'un cylindre d'impression qui aboutira au procédé d'offset encore utilisé aujourd'hui.
Les forges produisent alors des boîtes à conserve, à cirage, à confiture : les seaux à confiture servent ensuite de jeux d'enfants.
L'introduction du procédé des fours Martin permet la fabrication d'acier avec des déchets, rebuts et chutes de ferraille.
En 1882 a lieu la vente des forges à la compagnie des CIrages Français (CIF, etc.), qui resteront propriétaires jusqu'à la fermeture. Eclipse est la société de distribution des produits CIF et Lion Noir.
La compagnie emploie un nombre important de femmes et d'enfants. Des grèves ont lieu en 1903 (43 jours) et 1906 (115 jours) : les ouvriers n'obtiendront pas la réduction des 12 heures de travail journalier à 8 heures. Ce temps de travail sera voté à l'Assemblée en 1919 et appliqué aux Forges en 1925.
A partir de 1912, Camille-Horace Herwegh relance l'essor des Forges : création d'un atelier de fonderie pendant la guerre, d'un atelier de galvanisation (pour la production de seaux, de lessiveuses..) ; raccordement à la gare d'Hennebont ; création d'une nouvelle route d'accès...
En 1936, les ouvriers obtiennent 2 semaines de congés payés. En 1938, le départ en retraite de Camille Herwegh s'accompagne des premiers licenciements... Puis la guerre en 1939 bloque les projets de modernisation : le fonctionnement passe au ralenti.
La reprise en 1946, avec du matériel ancien se fait dans des conditions difficiles : concurrence forte, modernisation trop tardive...
En 1958, une société d'exploitation est mise en place ; l'Etat reprend en mains l'avenir des Forges en 1963... jusqu'au décret officiel de fermeture en 1966.
Plus de 10.000 personnes auront travaillé sur le site. Reconversion : environ 300 personnes seront reprises à la fonderie SBFM (Renault) à Caudan.
L'avenir du site : plusieurs bâtiments seront rasés. Le village ouvrier de 1870-1880 sera détruit également.
La vie des ouvriers a été accompagnée d'innovations et de progrès sociaux : cours de formation complémentaire, caisse de retraite (1863), parc à jeux, colonie de vacances...
Les familles des ouvriers formaient un monde particulier : à partir de 1978, Gisèle le Rouzic a collecté témoignages et objets retraçant la vie de cent ans d'exploitation. Ceci a été installé dans les 18 salles de présentation de l'écomusée des forges.
A lire sur internet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Forges_d'Hennebont

 

Mme Nadine Bouillet-Sorin : Hennebont pendant la seconde guerre mondiale
[archiviste, responsable des archives d'Hennebont]

Le collège saint Félix a été le PC des forces allemandes pendant la guerre. Il y eut 4 années d'occupation. Avant la guerre, Hennebont compte 8690 habitants, et 1661 ouvriers travaillent aux forges. La guerre entraîne une pénurie de charbon.
Des mesures de défense passive sont prises face aux bombardements éventuels, avec 19 ilots de défense, mais aucun abri ne sera construit à Hennebont. Le 18 juin 1940, les Allemands sont à Rennes, le 21 juin ils occupent Lorient et Hennebont.
Deux camps de prisonniers sont construits aux haras et à Saint-Hervé (1500 et 5000 prisonniers).
Les 22 et 23 août 1940, ont lieu les premiers bombardements anglais. En octobre 1940, réquisition du séminaire de Kerlois. Dès décembre 1940, le conseil municipal vote la motion de confiance à Pétain. En mars 1941, un comité remplace le conseil municipal.
En 1943, la ville de Lorient est presque détruite. On organise l'évacuation volontaire d'Hennebont ; il y aura 21 morts, dus aux bombardements.
Le 6 juin 1944 a lieu le débarquement en Normandie, les Américains sont à Languidic le 6 août. Le 7 août à 9h00, ils entrent à Hennebont et sont acclamés par les habitants ; les Allemands se replient de l'autre côté du Blavet, et répliquent avec des obus incendiaires depuis la montagne du Salut à Saint-Caradec : la ville est en feu, et sera détruite aux 2/3. S'ensuit une guerre de patrouilles pendant 9 mois. Le conflit aura fait 194 morts à Hennebont.
Lire aussi : http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/04histoire/articles/articles_rha/lorientet2guerrmondial.htm

 

Mr Guilcher : le peintre Pégot-Ogier (1877-1915)

Vers la fin de sa thèse sur Les Peintres de la Bretagne avant Gauguin (1975), Denise Delouche a pu consulter les 189 lettres échangées par Jean-Bertrand Pégot-Ogier et Pierre Bertrand entre 1895 et 1915. Ceci a permis de mieux connaître ce peintre, dont la famille était originaire de Gascogne. Son père Jean-Eugène, républicain opposé aux idées de Napoléon III, était en exil à Jersey, où il écrivit une "Histoire des îles de la Manche".
Il rencontre à Jersey Géraldine Fitzgerald, qu'il épouse en 1877 devant la proximité d'une naissance : celle de Jean-Bertrand, qui aura lieu en Espagne à Salamanque. Puis c'est l'installation à Hennebont, qui les a séduits : il vivent dans la bourgeoisie de la ville, leur fils fait ses études au lycée Dupuy-de-Lôme à Lorient.
En 1895, le décès de Jean-Eugène entraîne une baisse des ressources de la famille. En 1896, Jean-Bertrand fait construire un atelier pour ses travaux de peinture. Puis en 1902, après le décès de sa mère, il se forme à l'atelier de peinture de Concarneau. Libre penseur comme son père, Jean-Bertrand ne souhaite pas se marier à l'église. C'est à Montrouge qu'il épouse civilement en 1905 Marie Ross. Ils se fixent à Paris, et la peinture ne nourrissant pas son homme, ils vivent d'expédients : il noue des liens avec Pierre Bertrand pour du négoce d'art, présente des tableaux, illustre des livres, comme la couverture de "La double confession" de Charles Le Goffic chez Fayard, où le modèle du portrait est sans doute la femme de Jean-Bertrand Pégot-Ogier.
Il se fait aussi critique d'art : en 1909, pour le salon des artistes français, etc. Il fait la critique des oeuvres de Monet, il publie dans "Le Breton de Paris".
Pour lui, seule la Bretagne compte, et il essaye de transposer l'âme bretonne dans ses oeuvres ; il peint quasiment uniquement la Bretagne ; dans sa série des pardons, il apporte autant un regard profane qu'un regard religieux à ses oeuvres, un peu à la manière de Gauguin.
Son tableau "enterrement de la mère de Brizeux" est chargé d'émotion ; Jean-Bertrand Pégot-Ogier est en effet un ardent défenseur de Brizeux, dont le livre "Marie" est pour lui un ouvrage extraordinaire.

On pourra consulter sur Internet : http://www.pegot-ogier.com/, http://www.pegot-ogier.com/accueil/biographie/chrono_77.htm
Marie-Christine TRAIN, Jean Bertrand Pégot-Ogier, mémoire de maitrise d'histoire de l'art, 1990.
Marie-Christine TRAIN, " Jean Bertrand Pégot-Ogier ", Ar Men, n°37, 1991.


Mr René Balanec : Jeanne la Flamme, la légende
[membre de la SAHPL - Société d'Archéologie et d'Histoire du Pays de Lorient]

Froissard a fait de Jeanne de Flandre une héroïne, et au cours des siècles, on lui a prêté des exploits invraisemblables. Aujourd'hui, bien des choses peuvent être remises en question.
D'où vient le surnom de "la Flamme" ? Probablement du Barzaz-Breiz d'Hersart de la Villemarqué, qui passe pour avoir inventé, modifié, complété certains chants. Certes, Froissart a surpassé dans l'éloge de Jeanne le chroniqueur Jean Le Bel qu'il a plagié : l'origine de ces chroniques est peut-être à chercher dans les récits des trouvères, racontant "une femme au courage d'homme et au coeur de lion".
Jeanne est la soeur du comte de Flandre (1322-1346). Elle épouse Jean de Montfort, demi frère du duc Jean III de Bretagne, et leur fils Jean naît en 1339. Après la mort du duc le 30 avril 1341 et la capture de son mari à l'automne 1341, elle achète des partisans, et passe l'hiver 1341 à Brest. En mars 1342, une trève est signée avec Charles de Blois ; mais en juin elle est rompue.
Le récit du feu mis au camp ennemi à Hennebont, issue d'une adroite sortie à cheval par une porte dérobée en faisant croire à une sortie massive par la porte principale, est relaté par Froissart et le Barzaz Breiz : on peut douter de l'évènement. Y a-t-il eu confusion entre Brest et Brech sur la route d'Auray par l'ancienne voie romaine ? S'il y a 4 lieues (bretonnes) entre Hennebont et Brech, il y en a 30 entre Brest et Hennebont ; mais 4 lieues bretonnes (18,6 km) également entre Brest et le premier pont sur l'Elorn, à l'emplacement d'une voie antique, à Landerneau. Ce lieu pouvait s'appeller HentPont, où était perçu un péage. Galéran de Landerneau est seigneur du château d'Hennepont..
Autre interrogation dans les récits, la bataille de Roscasquen en 1345 à côté de Quimperlé, narrée par Froissart : Louis d'Espagne débarque à Guidel ... or à cette date, il est signalé en Vendée dans la baie de Bourgneuf. Et Gautier de Mauny est à Londres le 7 juillet : d'où problème d'authenticité et de véracité...
Louis d'Espagne est en fait Louis de Cerda, apparenté à saint Louis, et il n'a jamais eu de neveu nommé Alphonse comme le dit le récit. Son frère est marié à Marguerite, fille de Charles de Blois. Il utilise probablement un vaisseau de ligne, c'est-à-dire une galère de haute mer.
L'attaque de Hennebont par Charles de Blois : elle n'a pas pu se faire avec des canons, qui n'étaient pas disponibles à Hennebont à cette date. Des trébuchets ont été utilisés, avec des boulets de granite de 35 kg et 100 kg.
En 1343, Jeanne traverse la Manche sous la tempête, et arrive au Devon. Serait-elle devenue folle ? Edouard III lui aurait-il retiré ses enfants ? Elle va bientôt décéder dans leYorkshire, au manoir de Tuthill, non loin de Richemond...
NB : il existe une cinquantaine de manuscrits de Froissart, avec beaucoup de variantes.

On pourra lire le texte de Froissart sur http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k38925b
Analyse de la bataille de Roscasquen : http://www.sahpl.asso.fr/SITE_SAHPL/Redene_1342.htm

 

Mr Rémy Le Martret : Vauban et ses oeuvres en Bretagne

Qui connaît Sébastien Le Prestre ? Il est beaucoup plus connu sous le nom de Vauban. Issu d'une petite noblesse besogneuse implantée dans le Morvan, né en 1633, il a une enfance paysanne, avec cependant une assez bonne éducation. Il entre comme cadet au régiment d'infanterie de Condé en 1651. En 1655, il devient ingénieur du roi chargé des fortifications. Il acquiert rapidement une réputation de preneur de villes. Dès 1667, il entame une correspondance avec Louvois pour fortifier les sites importants de France, qu'il parcourt sans arrêt. Il sera nommé maréchal de France en 1703. Son dernier ouvrage, "la dîme royale", écrit peu avant sa mort, sera pourtant interdit. Il décède en 1707.
Il vient à plusieurs reprises en Bretagne : il est à Belle-Isle en mars 1683, puis va à Port-Louis, à Brest, à la presqu'île de Crozon. Il lance aussi la réalisation du château du Taureau, dans la baie de Morlaix.
Cette année-là, il rachète la terre de Vauban à son neveu. Il réalise aussi l'aqueduc de Maintenon, servant à alimenter Versailles en eau. Il fait réaliser une "basterne", véhicule lui permettant de travailler tout en se déplaçant. Travailleur infatigable, il est aussi à l'origine des techniques de dénombrement qui vont mener aux statistiques modernes.
En 1686, il est à Saint-Malo en juin. Il est à Bazoches en Bourgogne en 1689 (il a acquis le château en 1675). Durant ses quarante ans de service, il aura été seulement 2 ans et 6 mois chez lui !
En 1694, des menaces de guerre se précisent. Il fait avancer les fortifications de Brest, de Saint-Malo, ainsi que Bertheaume. Plus de 30 navires de guerre anglo-hollandais arrivent entre le Toulinguet et Bertheaume, et débarquent des soldats ;. mais les envahisseurs sont repoussés à terre, et les vaisseaux mettent à la voile le lendemain. Et les travaux de Brest continuent...
En 1695, Vauban est à nouveau en Bretagne. Son petit-fils devient son aide de camp. Sa fille avait épousé Louis Le Pelletier, marquis de Rosambo, ce qui fait qu'une certaine quantité des archives de Vauban se trouve aujourd'hui au château de Rosambo en Lanvellec dans le Trégor.
A voir sur Internet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sébastien_Le_Prestre_de_Vauban et surtout :
http://www.comite-histoire.minefi.gouv.fr/sections/comite_pour_lhistoi/recherche_economie/les_economistes/vauban/view
(très riche documentation sur Vauban et ses archives)
Sur le réseau des sites Vauban : http://www.sites-vauban.org/


Mr Pierre-Laurent Constantin : Le patrimoine religieux d'Hennebont - XIIe - XXe siècle

Une visite du patrimoine d'Hennebont à travers des images projetées à l'écran :
- L'église des Carmes dans la ville close : disparue, il en reste quelques traces.
- La chapelle de saint Gunthiern à Locoyarn : de style roman, elle est aujourd'hui privée ; un chevet avec deux fenêtres latérales a été rajouté au XVIIIe siècle.
- Saint-Gilles : enclos, époque romane.
- La basilique Notre-Dame de Paradis : contruction vers 1510 ; chevet de type Beaumanoir à 3 pans ; elle présente des similitudes avec Quelven, Saint-Nicolas des Eaux et l'église Notre-Dame de Joie de Pontivy.
- L'église Saint-Caradec : origine romane, reconstruite au XVIIIe siècle.
- La chapelle Saint-Antoine (le saint guérissait le mal des ardents)
- L'abbaye Notre-Dame de la Joie (plan de 1707) : elle est aujourd'hui la propriété des haras.
- Le bâtiment des Ursulines.
- Le mobilier du patrimoine religieux : une bonne partie est issue de la contre réforme et du concile de Trente, comme les retables (du latin retro tabula, derrière la table), le culte du Rosaire, la chaire, ou encore les statues de saint Isidore, espagnol canonisé au moment du concile de Trente.
A la basilique Notre-Dame de Paradis, les superbes vitraux sont l'oeuvre du maître-verrier Max Ingrand, l'un des meilleurs spécialistes de l'après-guerre.
Site internet du patrimoine : http://www.patrimoine-de-france.org/search.html?q=hennebont

 

Mr Jean-Bernard Vighetti, maire de Peillac : Le patrimoine historique, un atout pour Hennebont

Président de l'association des villes d'art et d'histoire et des petites cités de caractère de Bretagne, Mr Vighetti retrace l'historique de cette mise en valeur du patrimoine bâti urbain. La démarche débute par la prise en compte de ce patrimoine souvent négligé : une action sur les petites cités de caractère est lancée en 1993 au Conseil Régional, en commençant par 8 communes. En 1997 est rédigée une plate-forme commune avec les villes d'art et d'histoire. Les villes d'art sont homologuées par le ministère de la culture.
Il y a 4 types d'origine pour les villes de Bretagne :
- les villes d'origine gallo-romane : Vannes, Rennes, Nantes, ...
- les villes créées autour d'abbayes, surtout sur la côte nord : Dol, Saint-Malo, Tréguier, Saint-Pol de Léon, mais aussi Redon et Guérande
- les villes castrales (autour d'un château, entre 1020 et 1230) : il y a toujours au moins un prieuré.
- les villes de fond d'estuaire, qui seront remplacées évenuellement par des grands ports ; exemples : Le Croisic, Roscoff, Port-Louis, Lorient. Le commerce est important : les toiles de Bretagne sont très concurrentielles, comme l'olonne de Locronan, les toiles de Noyal, etc... Le commerce du vin est aussi important depuis longtemps (imposé par l'église...)

Les typologies urbaines en Bretagne sont très variées, dues à une diversité géologique exceptionnelle ; les remontées en bateau des rivières sont parfois importantes : le Blavet jusqu'à Castennec ?, la Vilaine jusqu'à Rennes... ce qui pose des problèmes de sécurisation de ces cours d'eau.
Les villes de fond d'estuaire s'établissent au premier pont : comme à Hennebont, Dinan ou Lannion. Souvent, on reste dans le creux au lieu de construire en hauteur : il faut alors des fortifications performantes.
Aujourd'hui, Rennes est le siège de l'organisation du tourisme urbain français ; on favorise la réhabilitation du patrimoine bâti ; des peintres chinois et russes sont même accueillis en résidence... Mais un danger serait de ne faire qu'un tourisme de façade...

Le site internet des cités d'art de Bretagne : http://www.tourismebretagne.com/fr/preparez/cite-art/indexCAB.cfm
Voir aussi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Bernard_Vighetti

 

Mr Tanneguy de Sainte-Marie : les haras d'Hennebont
[responsable du Pôle Hippique des Haras d'Hennebont]

Si la visite des haras ne se fait pas au printemps, c'est essentiellement parce que les étalons et leurs palefreniers sont absents à cette époque de l'année, qui est celle de la reproduction...
On appelle haras un établissement où des juments accueillent des étalons ; s'il n'y a que des étalons (comme à Hennebont), on parle de "dépôt d'étalons".
Les haras ont aujourd'hui 340 ans : les haras royaux ont été créés par Colbert en 1665, et supprimés en 1790, puis réouverts par Napoléon. L'empire récupère alors des biens nationalisés pour installer les haras. C'est ainsi qu'un haras est installé dans l'abbaye de Langonnet en 1806. En 1857, le haras est déplacé à Hennebont, en faisant un échange avec les pères du Saint-Esprit, qui s'établissent à Langonnet. A Hennebont, le site des haras accueillera jusqu'à 97 palefreniers.
Napoléon III va réorganiser les haras, puis une nouvelle réorganisation aura lieu avec la loi Boscher en 1874. Jusqu'en 1895, c'est la belle époque des haras. Mais l'arrivée des chars d'assaut puis l'apparition des tracteurs agricoles va stopper le développement des haras.
Les années 1950-1960 seront très difficiles. Un renouveau arrive avec la démocratisation de l'équitation et la création de nombreuses sociétés hippiques : le développement de l'équitation populaire fait de l'équitation un sport à part entière...
Qu'en sera-t-il au 3e millénaire ? Le cheval est devenu une production de loisir. Il est indispensable pour les courses (et les jeux associés...). Aujourd'hui, l'administration des haras est gérée par un établissement public installé à Pompadour...
L'avenir des haras est entre les mains de la société civile... qui devra inventer de nouvelles missions.
Le site internet : http://www.haras-hennebont.fr/
http://www.haras-nationaux.fr/portail/vous-etes/journalistes/les-haras-nationaux-en-region/bretagne/pole-hippique-hennebont/index.html
http://www.haras-nationaux.fr/portail/particuliers/dans-votre-region/les-haras-nationaux-en-region/bretagne/pole-hippique-dhennebont/index.html

 

Mr Jean-Yves Mingam : L'entreprise NKE

Ex société Micrel, elle rachète Noël Karibel Electronique, d'où le nom NKE aujourd'hui.
Après 3 ans à Lanester, elle s'installe à Hennebont en 1984. Aujourd'hui, c'est 75 emplois, essentiellement qualifiés.
Avec un CA annuel de 6 M€, elle est aussi qualifiée ISO 9001 pour la qualité.
24 personnes travaillent au bureau d'études, et 38 à l'assemblage et à la logistique.
12 personnes sont au service commercial et à l'administration de ventes. Il y a une antenne commerciale à Paris.
L'entreprise est indépendante, propriété à plus de 50% du PDG, Mr J.C. Le Bleiz.
Les études portent sur les thèmes suivants :
- systèmes d'acquisition de mesure et de surveillance de site sismiques,
- télécommandes et régulation de chauffage (home control), systèmes de détection et d'alarmes,
- Marine Electronics : pilotes automatiques, système sécurité "homme à la mer" qui fait tourner le bateau autour du naufragé,
- instrumentation en océanographie et milieux diificiles (pollution, qualité des eaux...)
- vannes électroniques pour remplacer des vannes thermostatiques, ...
La qualité des eaux côtières concerne aussi les stations d'épuration, la pollution par algues vertes, etc... tous systèmes demandant des capteurs précis et des systèmes de surveillance. Corrlog est un système de mesure de la corrosion.
Pour la marine à voile de haute mer, la qualité est liée à la précision et la fréquence des mesures pour les pilotes automatiques.
Un nouveau loch à ultrasons pour mesurer la vitesse a été mis au point.
Site internet : hhtp://www.nke.fr