Le mutualisme dans la Grande Distribution travers l'aventure Leclerc - par Philippe COUSYN

La SCARMOR, société coopérative d'Armorique, est une centrale d'achat régionale destinée à approvisionner en marchandises l'ensemble des 42 Centres Leclerc des 3 départements bretons ( 24 magasins dans le Finistère, 12 dans les Côtes-d'Armor et 6 dans le Morbihan ) .
La surface moyenne de ces 42 magasins est de 3800 m2, le plus petit faisant 1200 m2, le plus gros 10000 m2.
Les centres Leclerc sont des points de vente appartenant chacun à des propriétaires indépendants qui mutualisent leurs achats et leurs experiences, sachant que tout ce qui a été fait dans le mouvement est toujours parti d'initiatives individuelles.
Mr COUSYN est lui même propriétaire d'un centre Leclerc à Lannion. Il rappelle qu'il a monté son magasin avec trois fois rien, grâce au parrainage d'autres patrons de centres qui lui ont permis, par leur cautionnement, d'emprunter la totalité du montant de l'investissement initial.
L'objectif du mouvement Leclerc, dès le départ, a toujours été de vendre le moins cher possible, donc d'utiliser les circuits les plus courts en supprimant les intermédiaires, donc en achetant directement chez les producteurs.
Le rôle d'un président de région est de fédérer les adhérents patrons de sa région et de développer celle-ci, autant que faire se peut, par la création de nouveaux points de vente et le développement des concepts propres à l'enseigne :
- Les dernières créations (ou changement d'enseigne) : Pléneuf-Val-André en 2008 (ancien Intermarché), Saint-Brandan en 2008, Fouesnant en 2010 (ancien superU), Riantec en octobre 2011.
- Les concepts ont été fortement développés ces dernières années : 19 espaces culturels en Bretagne (100 millions d'euros de chiffre d'affaire), 13 parapharmacies (10 en plus d'ici fin 2012), 12 agences de voyage, 10 magasins d'optique, 18 locations de véhicules, 29 billeteries.
Dernier concept à être développé, le drive : le client commande (choix de quelques 6000 réferences ) sur internet et paye en ligne. Il n'a plus ensuite qu'à venir retirer ses courses aux points de retrait existants.

Il y a, en France, près de 600 centres répartis en 16 régions telles que la Scarmor .
Le mouvement s'est également étendu en Europe depuis une quinzaine d'années : on compte aujourd'hui plus de 150 magasins à l'étranger : 60 en Italie, 40 en Pologne, 23 au Portugal, 15 en Espagne, et 2 en Slovenie.
Pour M Cousyn, être centre Leclerc, c'est être au service de la clientèle par le prix et la qualité, et c'est jouer son rôle d'utilité sociale.

La SCARMOR en quelques chiffres - Deux sites :
- Landerneau (14000 m2 ) : entrepôt de marchandises + administration et centre de formation
- Le Relecq-Kerhuon (20000 m2 ) : entrepôt de marchandises
Les centres Leclerc sont également très impliqués dans l'économie régionale et le développement durable :
C'est la "région Bretagne" des centres Leclerc qui a participé à la création de l'association "Produit en Bretagne", c'est elle qui a créé les marques "cochon de Bretagne ", "Terre de Bretagne", "Eleveurs de Bretagne", "Lait de Bretagne", "Amiral de Bretagne" : en effet, pour valoriser les produits issus de l'agriculture, il faut créer des marques et y adosser des cahiers des charges synonymes de qualité.
Pour en savoir plus, on peut aller sur le site : www.bretagneaucoeur.com

Troïlus de Mesgouez - par Claude Fagnen

Né en 1536 dans une famille de petite noblesse bretonne, il porte un prénom qui est celui d'un fils du roi Priam de Troie, nom prédestiné pour vivre une vie d'aventurier. C'est en 1550 que ce cadet de famille devient, par un heureux concours de circonstances, l'un des pages du roi Henri II ; il va pendant deux ans fréquenter le monde de la cour et y acquérir la faveur de la reine Catherine de Médicis. Revenu en Bretagne, il ne rêve que de destinée glorieuse, mais la pauvreté de ses moyens financiers bloque ses projets.
Il requiert les faveurs de la cour pour se faire octroyer le titre de gouverneur de Morlaix, poste créé pour lui en 1558 ; ce qui va lui permettre de mettre en coupe réglée ses administrés afin de se constituer un patrimoine. Il réussit aussi à se faire nommer marquis de la Roche, devenant à cette occasion président de la noblesse de Bretagne. Un projet d'implantation permanente et commerciale au Canada voit le jour en 1577. Mais la première expédition est capturée par les Anglais dès son départ, ce qui le fait séjourner un an dans les geôles anglaises avant d'être libéré contre rançon. Un second projet, après avoir renfloué ses fonds sur les Morlaisiens, sombre dans une forte tempête dans le golfe de Gascogne. Capturé par les Ligueurs en 1589, il passe 7 ans en prison avant de payer une forte rançon. Sa dernière expédition en 1598 va jusqu'au Canada mais l'implantation est un échec, et ce fut la fin de sa vie d'aventurier sans scrupules qui n'avait sans doute pas les moyens de ses ambitions.

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